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Ada Lovelace, ou la naissance de la programmation au XIXe siècle

Ada Lovelace, ou la naissance de la programmation au XIXe siècle

Fin septembre début octobre, j’ai publié un article dans le magazine papier Bridget – Parce que le féminisme n’est pas un gros mot. Ce magazine n’étant plus publié (ce qui est bien dommage), le voici ici – pour aller de pair avec mes nombreux articles traitant de la thématique Femmes et Sciences. L’avantage ici est que je peux y ajouter de nombreux liens pour aller plus loin dans la connaissance du sujet… Au passage, merci à Marion Sabourdy, qui me redonne envie de rebloguer en ce début d’année.

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A l’heure ou Osez le féminisme demande la panthéonisation de femmes, il est grand temps de faire la part belle à celles, qui, dans le monde, ont sorti leur épingle du jeu. Commençons par la science, à la recherche d’un modèle féminin puissant pour inspirer de nouvelles vocations !

Jouons aux devinettes. Si je vous demandais, par exemple, de citer une femme scientifique ? Je vous vois réfléchir…. dix contre un que vous avez pensé à Marie Curie ! Et c’est très bien – mieux vaut penser à elle plutôt qu’à rien, non ? Il est par contre un peu dommage d’avoir très peu de modèles de femmes scientifiques autre que Marie Curie, non ? Certes, deux prix Nobel, ça marque un peu. Mais si on regardait un peu autour de nous pour dénicher d’autres pépites qui méritent tout autant d’être connues ?

Prenons par exemple l’informatique. Bill Gates, Steve Ballmer, Steve Jobs, Alan Turing… et Ada Lovelace. Quoi, une femme ? (oups, c’est un peu le but de la rubrique). Oui, parfaitement : Ada Lovelace (Ada, et non Linda, petits coquinous), une femme, a écrit ce qui est considéré comme le premier programme informatique, et ce au milieu du… XIXe siècle.

En même temps, en étant la fille d’un poète (Byron, excusez du peu) et d’une mathématicienne (Annabella Milbanke, “princesse des parallélogrammes”, qui a insisté pour lui donner une éducation approfondie en mathématiques et en sciences, contrairement aux usages de l’époque, merci Maman), on ne peut que devenir remarquable, non ? Dans les fait, Ada ne connaîtra jamais vraiment son père, Byron ayant quitté sa femme et le Royaume-Uni à peine deux mois avant sa naissance.

Sa rencontre avec Charles Babbage, à 33 ans, fut décisive pour son avenir et celui de l’informatique. Elle traduisit la description de la machine de Babbage (9 longs mois de travail acharné), réalisée par un mathématicien italien, Federico Luigi, et y ajouta de nombreux addendum faisant part de ses réflexions personnelles. Le plus célèbre est celui ou elle écrit, en langage formalisé, le tout premier programme informatique – à cette époque les algorithmes n’étaient pas écrits avec un formalisme, un langage, destinés à être exécuté sur une machine, mais simplement écrit en prose. Ce programme sert à calculer les nombres de Bernouilli, une suite de nombre assez complexe se calculant par récurrence (il faut calculer deux termes pour parvenir au troisième) – une belle avancée  pour l’époque, ou les calculs se faisaient à la main !

Les prémisses de l’informatique moderne se devinaient dans cette oeuvre :  « La Machine Analytique n’a nullement la prétention de créer quelque chose par elle-même. Elle peut exécuter tout ce que nous saurons lui ordonner d’exécuter. Elle peut suivre une analyse; mais elle n’a pas la faculté d’imaginer des relations analytiques ou des vérités. Son rôle est de nous aider à effectuer ce que nous savons déjà dominer ». Ada Lovelace, visionaire, contrairement à Charles Babbage qui ne pensait à sa machine que comme simple calculatrice, entrevoyait déjà la possibilité de se servir de symboles ou de mener des opérations bien plus complexes.

Aujourd’hui, Ada Lovelace est encore un peu parmi nous : en effet, un langage de programmation lui est dédié, le langage ADA, utilisé aujourd’hui dans les systèmes embarqués de pointe (automobile, spatial, ferroviaire – quand vous monterez dans un TGV, un train Corail ou un RER, ayez une petite pensée pour ADA !). Un supercalculateur éponyme appartient au CNRS. Ce super-ordinateur prête sa puissance de calculs à des projets scientifiques sur des sujets très divers, allant de la biologie à l’astrophysique. Beau symbole, vous ne trouvez pas ?

Le nom d’Ada est aussi utilisé dans le jeu en réalité augmentée de Google, Ingress, en tant qu’intelligence artificielle. Enfin, une journée lui est consacrée, pour célébrer les réalisations des femmes dans les sciences, les technologies et l’ingénierie.

Lors de votre prochain tweet, pensez donc à Ada !

Plus d’infos sur le Ada Lovelace Day

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