Home | Blog | Féminisme | Les femmes s’orientent de moins en moins vers l’informatique… et c’est bien dommage !
Les femmes s’orientent de moins en moins vers l’informatique… et c’est bien dommage !

Les femmes s’orientent de moins en moins vers l’informatique… et c’est bien dommage !

L’étude Mutationnelles 2014, dont les résultats sont parus le 8 septembre dernier, pointe un recul de l’orientation des filles vers les filières informatiques. Dommage, quand on sait que le numérique devrait créer 450 000 emplois d’ici 2015. A l’origine du problème, une orientation encore marquée par les stéréotypes au moment du choix des études supérieures.

La proportion de femmes qui s’orientent vers l’informatique diminue d’année en année, passant de 11% à 9% entre 2008 et 2012. Une statistique inquiétante à l’heure où la révolution numérique a déjà commencé à bouleverser tous les secteurs de notre économie.

L’étude MutationnElles 2014 montre que dès le choix des options en seconde, les lycéennes délaissent les matières liées aux technologies et à l’innovation où elles représentent moins de 20% des effectifs, tandis qu’elles représentent 90% des élèves des options santé et social – les champs du “care” traditionellement dévolus aux femmes, ces êtres de lumière pourvus des qualités adéquates.

Dans les études supérieures, on a beau constater une augmentation générale du nombre de filles dans les filières scientifiques et techniques (et ça c’est plutôt un bon point !), les spécialisations informatiques, information et télécommunications sont toujours boudées par les étudiantes. Pourquoi ? Les lycéennes et les étudiantes n’embrassent-elles pas massivement le monde des technologies alors que le personnage du geek s’est taillé la part du Lion (Mark Zuckerberg, Steve Jobs, Xavier Niel, etc.), et que les rôles modèles féminins commencent, certes lentement mais néanmoins sûrement, à s’imposer sur la scène médiatique (Sheryl Sandberg, Marissa Mayer) ?

L’enquête Mutationnelles 2014 nous apporte quelques éléments de réponse :

  • Seulement 6% des enseignants en informatique et STIC sont des femmes, d’où la difficulté pour les jeunes femmes de se projeter dans ces carrières.
  •  La famille participe de façon importante à la production et reproduction de choix conventionnels des enfants, comme la tendance à privilégier la filière scientifique pour les garçons.
  • Les loisirs proposés aux enfants et adolescents façonnent encore « l’intériorisation de dispositions dites féminines » : l’importance de l’apparence et de la mise en valeur de soi, la docilité, la patience, la douceur. D’où l’orientation massive des filles vers les filières orientées du « care » (directe : santé, social, indirect : agronomie, chimie) ou le look (habillement, textile, etc…)
  • La consommation exponentielle d’écrans (TV, ordinateur, smartphone) ne fait qu’accentuer le poids des stéréotypes et les clivage entre filles et garçons : jeux vidéo et vidéos pour les garçons, shopping et scolarité pour les filles, et comportements hypersexualisés (séduction/soumission) constatés sur les réseaux sociaux.

My 2 cents : à quand une initiative du type de celles de la Fondation l’Oréal pour les jeunes filles ? Il est temps de passer à l’action, comme en témoigne l’annuaire des Expertes du Numérique propulsé par GirlzInWeb.

Intéressant à lire : le déclin des femmes dans l’informatique, une tendance qui remonte à loin – depuis que les ordinateurs ont été marketés pour les hommes, en fait. Quand le marketing influence l’emploi des générations futures….

About Jade